Au conseil communal de février, le maïeur ucclois avait surpris son auditoire, stigmatisant, avec il est vrai encore une certaine retenue, les candidats demandeurs d’asile. Et puis, après les éléments dramatiques qui ont coûté la vie à une mère de famille ce 5 mars et sans aucune retenue, sans aucune concertation, voilà qu’il plonge dans le populisme le plus basique.

Mélangeant avec un art consommé ou alors avec un manque total de discernement, le « bel Armand » se permet de stigmatiser la politique d’aide à la jeunesse, les IPPJ, les politiques d’intégration scolaire, j’en passe et des meilleures ; pour en rajouter une couche, il assimile les jeunes d’origine étrangère à des délinquants potentiels car bien sûr tout le monde sait qu’aucun Belge ne commet de délit.

Et des solutions, bien sûr qu’il en propose : l’armée aura la tâche de les éduquer pour qu’ils comprennent qu’il y a toujours plus fort qu’eux (sic).

Problèmes : l’armée refuse cette idée, aucun président de parti n’accepte son analyse et même au sein de sa formation politique, le MR (le Mirage Racoleur ??) des voix s’élèvent pour dénoncer ce dérapage médiatique.

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai eu de la considération pour le Bourgmestre d’Uccle mais là il m’est impossible de ne pas réagir.

Tout dans ces récents propos démontre une totale méconnaissance des réalités.

Je suis instituteur dans une école classée en discrimination positive (traduisez une école d’immigrés) et je tiens à souligner la réussite du travail de mes collègues qui tout comme moi considérons ces enfants issus de l’immigration à l’égal des « petits belges ». Mais ce qu’il faudrait, M. le Président du Sénat, c’est refinancer l’enseignement, donner les moyens aux écoles techniques et professionnelles qui bien plus que l’enseignement général accueillent ces élèves que M. De Decker associe à de futurs délinquants. N’est-ce d’ailleurs pas à Uccle que l’Institut technique, a été fermée parce qu’il dérangeait le voisinage et cet établissement scolaire (ex-fleuron pédagogique) est aujourd’hui devenu …un commissariat de police. Fermez les écoles et vous ouvrirez des prisons.

Considérer comme vous le faites, que les IPPJ ne font qu’amener des délinquants voir des matchs de foot., c’est profondément injurieux pour les travailleurs sociaux qui y font un travail toujours difficile mais certainement très utile et positif.

Et puisque vous semblez si sensible à la sécurité de vos concitoyens pourquoi ne pas dénoncer l’état de déliquescence de la SNCB qui doit malgré tout quotidiennement transporter des milliers de passagers (consécutif au sous financement structurel), pourquoi ne pas hurler sur ces conducteurs souvent au volant de « grosses voitures », mais idéologiquement proches de vous, qui conduisent bien au-delà des limites de vitesse légales.

Pour ma part, je crois qu’il nous faudrait revoir des décisions politiques passées qui sont elles responsables de nos problèmes actuels : est-il normal que nous ayons 7 ministres en charge de la santé et à peine moins pour l’enseignement. Nos politiques se disputent pour des problèmes institutionnels depuis des décennies (BHV en est l’un des derniers avatars) et en oublient les vraies attentes des citoyens de ce pays en ce compris les « habitants issus de l’immigration ». Ne faudrait-il pas faire marche arrière dans la fédéralisation du pays au vu de la situation exsangue de la communauté française de Belgique 

Et que dire de la dérive des médias, de notre société libérale où le fric a remplacé le civisme. Vous rendez Mai 68 responsable de nos dérives actuelles. Et bien NON ; c’est la recherche effrénée du fric qui a bousillé nos valeurs et ça c’est le libéralisme qui l’a engendré et pas les politiques de gauche que vous attaquez.

Et puis, cher Président du Sénat, puisque vous semblez vouloir initier un débat sur la sécurité quel meilleur endroit que votre cher Sénat pour l’y tenir ?

Pierrot Desmet (chef de groupe)

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