Brussels Studies, la revue scientifique électronique pour les recherches sur Bruxelles VIENT DE PARAÎTRE – Numéro 41

Pascal Delwit, Marjorie Gassner, Jean-Benoit Pilet et Emilie Van Haute

Les mouvements de voix dans la Région de Bruxelles-capitale entre l’élection régionale de juin 2009 et le scrutin fédéral du 13 juin 2010

Les élections fédérales du 13 juin dernier ont profondément bouleversé le paysage politique national. À l’échelle bruxelloise, si les changements sont moins profonds, ils n’en demeurent pas moins importants.

Pour en rendre compte, Pascal Delwit, Marjorie Gassner, Jean-Benoit Pilet et Emilie Van Haute (ULB – CEVIPOL) ont effectué une enquête à la sortie des urnes. Les questions portaient sur le vote exprimé le 13 et sur celui émis lors du scrutin régional de juin 2009. Dans le numéro 41 de Brussels Studies, ces chercheurs analysent les transferts de voix entre partis.

C’est ainsi que l’on apprend que tous les partis ont concédé des électeurs à d’autres, même ceux qui ont remporté les élections. Les transferts ne se font donc pas simplement des perdants vers les gagnants, ils sont bien plus complexes et s’inscrivent dans un large jeu d’échanges d’électeurs.

Un deuxième enseignement de l’étude est que certains partis ont un électorat très peu fidèle. Ecolo et le cdH voient ainsi presque la moitié de leur électeurs de 2009 s’envoler vers d’autres partis. Le CD&V, quant à lui, dépasse ce cap, mais en récupère presqu’autant en provenance d’autres formations. Une stabilité des résultats n’indique donc pas une stabilité de l’électorat.

Par ailleurs, les électorats, s’ils sont mouvants, tendent à se déplacer de manière cohérente par rapport aux clivages politiques. C’est ainsi que la gauche flamande n’a concédé que très peu d’électeurs au grand gagnant que fut la N-VA, contrairement aux partis de centre-droit ou d’extrême droite.

Enfin, les électorats n’apparaissent pas comme monolithiques. Ils sont constitués de divers segments réagissant de manière différente et susceptibles d’être attirés par des discours différents. C’est ainsi qu’Ecolo, par exemple, perd une partie de son électorat au profit de partis de gauche – PS ou PTB+ – et une autre au bénéfice de formations de droite – MR ou PP –.

Il ressort de cette publication, une image complexe du jeu politique bruxellois qui incite à porter un regard nouveau sur les glissements de voix se produisant à l’occasion des élections.

Le Brussels Studies Institute, plate-forme interuniversitaire en voie de constitution pour la recherche sur Bruxelles, organise le dimanche 3 octobre de 9h30 à 11h30 une session sur « Bruxelles, comme ville de connaissance, doit d’abord apprendre à se connaître » dans le cadre de la Brussels Citizens University (BCU) qui aura lieu les 1-2-3 octobre dans les locaux de la VUB à Bruxelles. Cette session, ouverte à tous comme l’est la BCU, sera modérée par Serge Jaumain (professeur à l’ULB) et animée par Michel Hubert (professeur aux FUSL et directeur de Brussels Studies). Programme et inscriptions sur www.bcu2010.eu

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